Ensemble Contrechamps

Contrechamps a 40 ans !

Fondé en 1977, Contrechamps a pour mission de jouer prioritairement le répertoire du XXe et du XXIe siècle, et de soutenir la création actuelle.

En 2017, Contrechamps fête son quarantième anniversaire, l’occasion d’un retour sur les partis pris du passé et d’une mise en évidence des enjeux de la musique contemporaine. Une belle opportunité également de donner la parole à ceux qui constituent l’Ensemble : les musiciens.
Ce moment particulier de la vie de Contrechamps permet l’approfondissement de la notion de répertoire – certaines œuvres deviennent des classiques, d’autres non – en mutation depuis les années cinquante, et la mise en évidence de la fonction de l’Ensemble ; plaque sensible des mutations tectoniques de la musique contemporaine.
Les rendez-vous proposés mettront en lumière la ligne suivie durant ces quarante années, par les éditions, ainsi que par les actions de médiation et les collaborations avec des institutions genevoises et internationales.
Brice Pauset, directeur artistique de l’Ensemble Contrechamps depuis 2013, propose pour l’occasion quatre concerts anniversaires entre avril et octobre.

« Il semble loin le temps où, avec Jean-François Rohrbasser et Robert Piencikovski, nous fondions Contrechamps à la Salle Patino. Aujourd’hui, l’association occupe une place centrale dans la vie musicale genevoise et est reconnue internationalement ! »
Philippe Albèra, cofondateur de l’Ensemble

Les premières années, dans un contexte où la musique vivante est intégrée à des manifestations cinématographiques, chorégraphiques et théâtrales, Contrechamps crée son propre ensemble, avec quelques instrumentistes locaux, puis une revue qui comble un vide dans le paysage francophone.
L’Ensemble s’étoffe au fil des années, la revue se transforme en maison d’édition, et la méfiance qui avait accompagné ses premiers pas se transforme progressivement en reconnaissance. Il fallait toutefois une certaine ténacité pour vaincre l’immobilisme ambiant, et l’aventure n’aurait jamais pu être menée à bien sans le soutien, durant vingt ans, de la Fondation Simon I. Patino et de son directeur John Dubouchet, ainsi que l’appui, les premières années, du Conservatoire populaire de musique, danse et théâtre.
La salle Patino, qui vit naître les formes multiples de la culture contemporaine, accueillit les plus grands compositeurs du siècle dernier, que des institutions prestigieuses avaient laissé de côté. Sous l’impulsion de Contrechamps, le Festival Archipel est créé et le Conservatoire ouvre ses portes à la musique récente. La tâche première de l’association est accomplie : redonner sa place au répertoire moderne et faire de Genève un lieu privilégié de la création musicale.
Maintenir l’idéal qui a permis la création de l’association, dans un contexte qui a radicalement changé, n’est cependant pas chose aisée. La musique contemporaine a en effet changé de statut, si elle n’est plus liée à l’espérance sociopolitique qui fut son lot longtemps encore après la Seconde Guerre, elle a conquis des espaces au sein des institutions, et sa pratique s’est élargie, comme en témoignent les nombreux ensembles qui ont essaimé à Genève.
La présence ponctuelle de compositeurs comme Lachenmann ou Rihm dans les Hautes écoles de musique de la région, impensable il y a vingt ou trente ans, celle de Michael Jarrell comme professeur de composition à Genève, collaborateur de la première heure à Contrechamps, l’intégration du répertoire contemporain dans les cursus d’apprentissage, et bien d’autres aspects de la vie musicale, en témoignent.
Il semble néanmoins difficile de défendre l’idée d’une musique provenant d’un travail de la pensée, caractéristique de toute une tradition occidentale née au Moyen Âge, qui a traversé les siècles et s’incarne dans les compositions de Boulez, Ligeti, Carter ou Nono, encore largement étrangers au grand public.
Comment transmettre ces œuvres qui n’ont pas encore trouvé leur public ? Pourquoi les mélomanes rechignent-ils à écouter des œuvres d’il y a cent ans alors que le public des arts plastiques se presse aux expositions d’art moderne ? Comment faire entendre le message des musiciens, faut-il aller vers d’autres formes de présentation, d’autres lieux, d’autres articulations entre les différents types de musique ? Quelle place donner à cette activité de pensée qu’est la composition musicale ? C’est au Contrechamps des quarante prochaines années de répondre à ces questions et de jouer son rôle précurseur.

Philippe Albèra

Vie privée : Contrechamps récolte des données de suivi anonymes à des fins statistiques grâce à l’outil open source Matomo.
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