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Toru Takemitsu

 

Voice pour flûte (1971)

Composée à Tokyo en 1971 et dédiée à Aurèle Nicolet, l’œuvre fut inspirée par un extrait des Proverbes faits main [Handmade Proverbs] de Shūzō Takiguchi : « Qui va là ? Qui que tu sois, parle, transparence ! » « Who goes there ? Speak, transparence, whoever you are ! ».
Dans la première édition de cette œuvre, Tōru Takemitsu demandait une très légère amplification de la flûte. Lors de la seconde édition, le compositeur n’en sentait plus la nécessité.
Dans Voice, une large palette de techniques de jeu est utilisée : le flûtiste tape sur les clefs, soit en soufflant dans l’embouchure, soit sans souffler, ce qui produit des sons percussifs, comme ceux d’un log drum (bâton creux fendu) ; le musicien produit certaines notes en claquant la langue ; d’autres, en chantant, criant, parlant et chuchotant dans l’embouchure ou loin de celle-ci ; dans certains passages, la voix évolue progressivement d’une consonne voisée (sonore) à une consonne non voisée (sourde).

 

Les quarts de ton et les sons multiphoniques, indiqués dans la partition selon la notation de Bruno Bartolozzi *, créent une similitude avec les sons électroniques. De forts accents sans coup de langue s’inspirent de la flûte japonaise nô, un souffle vigoureux se mélangeant au son, notamment à la fin de l’œuvre, produisant un effet hypnotique.
Le musicien utilise le texte anglais et le texte français.

* Bruno Bartolozzi, New Sounds for Woodwinds, Londres, Oxford University Press, 1971.